La productivité nuit gravement à la qualité de service !

La RATP se porte bien, même très bien, du moins d’un point de vue économique.

Les résultats 2014 sont encore une fois exceptionnels mais toujours au détriment de l’emploi.

Cette politique a des conséquences sur notre charge de travail, notre santé et sur la qualité du service produit.

Les pertes kilométriques pour causes internes accusent en 2014 une très nette augmentation, alors que les termes du contrat STIF prévoient le durcissement du niveau de franchise qui passera en 2015 à 0,7 % maxi contre 1,2% l’an dernier, ce qui risque bien évidemment d’aggraver cette situation.

 Les résultats révèlent une véritable explosion des lignes en dehors des franchises :

– 77 lignes sur 316 au 1er trimestre soit 24%,

– 195 lignes sur 318 au 4e trimestre soit 61%.

Cette dégradation n’est pas conjoncturelle mais bien la conséquence du sous-effectif chronique instauré à BUS par sa politique délibérée de productivité.

La logique comptable prévaut sur toutes les autres et calcule avec cynisme que le maximum des pénalités sur l’offre de service Bus revient à 7M€ alors que l’embauche de 300 agents coûterait 17M€.

Le calcul est vite fait et alimente une stratégie de courte vue qui incite les DUO à recourir à toujours plus de déréglementation.

Le développement des repos/travail, des bouts de services en S provoque une nette remontée de l’absentéisme et de l’inaptitude chez les machinistes bien que ces derniers soient plus présents que l’ensemble de la profession (en moyenne 10 jours d’absence/an et par agent contre 24 selon le bilan social de l’UTP).
L’encadrement est également impacté, le management qui lui est demandé par cette  politique dégrade les relations de travail.

Solliciter les agents à travailler plus, multiplier les ré-accueils, gérer la démotivation de leur équipe face à la multiplication des services non couverts…

Les effets négatifs de cette stratégie risquent d’être lourds pour l’avenir de l’EPIC RATP.

Ces choix de gestion fragilisent l’entreprise et apportent des arguments aux détracteurs du Service Public, car nous sommes en train de faire la démonstration de notre incapacité grandissante à assumer nos engagements contractuels.

Dans le contexte de renégociation du contrat STIF et avec la perspective de l’échéance 2025, les orientations ainsi mises en œuvre par la direction constituent bien une menace pour notre avenir professionnel.

La baisse des coûts de productivité à l’instar de l’austérité générale n’apporte pas de réponse pertinente au bon fonctionnement des transports en IDF.

Il est temps de réagir en réclamant une réorientation des choix de gestion.

Orientations et avenir de la RATP

Ce que la CGT propose :

Le changement de PDG intervient à un moment délicat pour l’entreprise, avec la négociation en cours du futur contrat STIF et les difficultés de gouvernance du projet Grand Paris Express.

La CGT/RATP s’est exprimée par un communiqué sur le départ surprise de Pierre Mongin. Pour elle, la nomination d’un nouveau PDG est l’occasion pour l’Etat propriétaire d’émettre une nouvelle lettre de mission qui comporte des réorientations majeures des objectifs assignés à l’entreprise publique.

 

1 La première urgence est l’abandon du plan de productivité et la remise à niveau des effectifs de l’EPIC.

C’est indispensable pour faire face aux engagements de service contractuels, la qualité de service étant le premier gage de la compétitivité de la RATP. Et c’est nécessaire pour mettre l’entreprise publique en cohérence avec l’objectif de « priorité à l’emploi ».

 

2 La seconde urgence est l’augmentation des salaires et la reconnaissance des qualifications.

C’est indispensable à la fois pour assurer aux personnels des conditions de vie meilleures, pour garantir l’attractivité de la RATP et le renouvellement de ses savoir-faire, et pour contribuer à remettre l’économie sur les rails de la croissance.

 

3 Nous proposons une autre stratégie de développement, avec la réorientation de la gestion de l’ensemble du groupe RATP vers des objectifs de Service Public, c’est-à-dire la promotion du droit à la mobilité pour tous.

La priorité doit être donnée au développement en Ile-de-France. C’est en effet le territoire historique de la RATP et il est appelé à accueillir de nouvelles dessertes avec l’étalement de la zone urbaine, le projet Grand Paris et le maillage par bus qui l’accompagnera. Sur cette zone, l’EPIC doit être désigné comme le seul opérateur du groupe.

La filiale RATP Dev doit changer fondamentalement de modèle. Il s’agit notamment de mettre un terme à la stratégie boulimique d’acquisitions qui grève l’endettement du groupe, et de privilégier les coopérations avec les opérateurs publics en place, y compris en France avec la reprise du partenariat avec AGIR abandonné en 2010. La filiale doit également promouvoir un modèle social d’avant-garde à l’opposé des pratiques aujourd’hui à l’oeuvre. Des coopérations avec la SNCF et sa filiale Kéolis et avec Transdev (filiale de la Caisse des Dépôts) doivent être recherchées en toutes circonstances, sur le territoire national comme à l’étranger.

 

4 A l’inverse du processus actuel de filialisation des activités rentables, nous défendons le concept d’entreprise publique intégrée.

L’intégration des fonctions (exploitation, maintenance, gestion des espaces, ingénierie, gestion des infras) est un facteur important de synergies et donc un atout à préserver. C’est aussi la condition pour assurer le financement et la pérennité d’activités structurellement déficitaires mais fondamentales comme la recherche.

Le périmètre de l’EPIC ne doit pas être réduit au périmètre du seul contrat STIF, encore moins aux missions placées hors du champ concurrentiel. Les projets de sortie d’activités de l’EPIC, qui concernent en particulier le secteur de l’ingénierie, doivent être abandonnés. Ixxi, qui travaille essentiellement pour l’EPIC, doit y être réintégré.

 

5 Nous voulons un nouveau modèle de relations sociales.

Le modèle libéral de management fondé sur l’individualisation des rapports sociaux et le culte de la rentabilité engendre perte de sens, mise en compétition des individus et souffrance au travail.

A l’inverse, nous défendons l’extension des droits et garanties collectives comme condition d’une réelle citoyenneté à l’entreprise.

 

 

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