France Télécom / RATP : Des similitudes inquiétantes !

Pour télécharger le tract : Proçès FT v BO

Après 10 années d’instruction, le procès des principaux dirigeants de France Télécom, qui étaient aux commandes de l’entreprise au moment de la crise sociale, s’est ouvert lundi 6 mai 2019 devant le tribunal correctionnel de Paris.
Pour la première fois en France, six hauts responsables répondent sur le plan pénal de « harcèlement moral organisé ». Après dix ans d’enquête judiciaire, il est reproché à ces derniers, comme auteurs ou complices, la mise en place entre 2007 et 2010 d’ « une politique d’entreprise visant à déstabiliser les salariés et les agents et à créer un climat professionnel anxiogène ».

La CGT, partie civile dans ce procès, attend que la justice soit rendue aux collègues qui ont perdu la vie à cause de leur travail, mais aussi celles et ceux qui vivent encore avec les séquelles morales d’une organisation du travail déshumanisée à l’extrême.
Cependant, la CGT ne souhaite pas que ce procès soit uniquement celui des individus qui ont dirigé l’entreprise durant cette période : Il doit aussi permettre de condamner des choix de gestion purement financiers et de managements par la terreur dont l’objectif est de toujours plus rémunérer les actionnaires et la finance, au prix de la vie des travailleurs.

N’oublions pas les origines de cette crise. Le 20 octobre 2006, lors d’une réunion des cadres, Didier Lombard, alors PDG de France Télécom, précise l’un des objectifs du plan NExT (Nouvelle expérience des télécommunications) : La décroissance des effectifs de 22 000 postes en trois ans. Selon une retranscription retrouvée par les juges, ce dernier prononce cette fameuse phrase : « En 2007, je ferai les départs d’une façon ou une autre, par la porte ou par la fenêtre. »

Sans vouloir faire stricto sensu un parallèle de la situation de France Télécom avec ce qui se passe dans notre entreprise, certaines similitudes inquiètent. En avril 2017, la RATP a été condamnée au tribunal des Prud’hommes de Paris pour des faits répétés de harcèlement moral. Le plan DIAPASON que la CGT ne cesse de dénoncer sur le fond et sur la forme porte en lui les gènes de situations similaires connues dans des grandes entreprises avec des dégâts humains irréversibles. Pour répondre à la fois à l’exigence d’économies imposée par le STIF (IDFM) et au besoin de financement de ses propres choix de développement, la RATP s’est lancée dans une politique de productivité qui est devenue l’alpha et l’oméga de son modèle de gestion. Celle-ci s’est soldée par une véritable saignée des emplois, 400 à 800 postes étant supprimés chaque année.

Pour la CGT-RATP, les restructurations incessantes, les fermetures ou concentrations des sites, la gestion de la décrois-sance des effectifs, l’augmentation de la charge de travail sont autant de facteurs de risques pour la santé et la sécurité des salariés. Les multiples situations de souffrance individuelles, l’augmentation du nombre de burn-outs l’attestent.
Ces situations doivent alerter à tous les niveaux de l’entreprise.

Ce procès est donc l’occasion de rappeler aux partisans de la rentabilité financière immédiate, qu’on ne peut impunément faire passer la Bourse avant la vie, et surtout que rien ne doit justifier qu’un travailleur perde la vie en la gagnant.

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