LYBY+ : un projet plusieurs fois scandaleux !

Pour télécharger le tract : Tract LYBY+ 112020

Derrière la « modernité », une grossière opération de productivité
Comment épouser l’open-space sans se ringardiser ? Appeler-le « espace dynamique »,
ajouter une portion de « flex-office » et de « Clean-desk », une pincée de télétravail et
une forte dose de « transformation digitale ». Un plan de communication à l’échelle
mondiale finira de transformer l’open-space « à papa » en nouvelle incarnation de la modernité.
Le premier qui dit dégradation des conditions de travail est un grossier Néandertalien ou, pour le moins, « victime de son cerveau reptilien » qui, selon la Direction, refuse par principe tout changement. La Direction veut notre bonheur mais nous sommes trop bas de plafond pour le voir…
En vérité, LYBY+, c’est 1 200 personnes de plus au Siège (+50%) représentant
une économie directe sur les espaces libérés de 7 à 8 millions d’€ par an, à
laquelle s’ajoutera des recettes de commercialisation d’espaces de coworking.
Alors, quête de modernité ou de productivité ?

Une transformation rejetée d’emblée par les agents

La consultation des agents (Val-Bienvenüe 2017 et LYBY+ 2018) ne laisse aucun
doute sur le rejet de ces transformations des espaces par les agents. Sur les
780 agents qui se sont exprimés, seuls 6% se déclaraient favorables à l’openspace et 4% au flex-office. L’écrasante majorité se déclaraient hostiles ou
réticents à l’open-space (resp. 53% et 32%) et plus encore au flex-office
(resp. 66% et 22%).
Continuer à ignorer cela, c’est choisir un scandaleux passage en force !

Un dialogue social méprisé

La quantité ne fera jamais la qualité. La direction du programme LYBY+ dialogue beaucoup mais ne veut rien entendre des réticences des agents à travailler dans des espaces à la fois ouverts et densifiés, impersonnels, nécessairement bruyants et dont la COVID souligne le caractère pathogène.
En la matière, toutes les alertes sur le projet sont inaudibles par la Direction : tentative d’accord sur les mesures d’accompagnement du programme LYBY+ avortée faute de signataires, expertise engagée par le CSE central et avis négatif unanime, parole de la médecine du travail quasi-absente…

Des agents enjoints d’adhérer au projet

Le programme donnerait la parole aux agents. Mais celle-ci n’est requise qu’au sujet
de considérations secondaires comme le type de mobilier (et encore son aspect plutôt
que sa taille) et la gamme de boissons chaudes disponible à « l’espace tisanerie ».
Pour la Direction, le projet n’est pas négociable : There is no alternative !
Quand la Direction organise des tables rondes, ce sont des exercices de propagandes,
de « pédagogie » à la suite desquels les participants sont invités nominativement à dire qu’ils ont compris les objectifs du projet en faisant mine d’ignorer que « compréhension » ne vaut pas« adhésion ».

COVID-19, et alors ?

Dans le monde d’avant, nous avions un projet massivement décrié par les
agents, les organisations syndicales et les CSE face à une Direction sourde à
toute critique. La COVID-19 est venue durement rappeler que la suppression
des cloisons n’était pas un « geste barrière » et que la densification des
espaces ne favorisait pas la « distanciation physique ». De nombreuses
entreprises d’ores et déjà en open-space+flex-office se demandent aujourd’hui comment faire et bricolent en urgence des cloisonnettes en plexiglas.
Que croyez-vous que fît la RATP ?
En mars dernier, quand le coronavirus semble condamner les open-spaces, la RATP avait encore cette chance de ne pas avoir engagé les travaux de transformation. Le bon sens aurait commandé de tout stopper ou, pour le moins, de tout suspendre le temps de tirer les enseignements de la période. La RATP a fait tout le contraire en engageant le premier coup de pioche de LYBY+ dès le mois de mai.
Scandaleux et coupable !
Les éléments de langages sont irrecevables. À écouter la Direction :
• Les espaces dynamiques, parce que « dynamiques », seraient plus à même de s’adapter à une situation épidémique (la fameuse « agilité »). Pure pensée magique qui n’efface pas la disparition des cloisons et la densification des espaces !
• La densification ne serait pas un problème puisque le développement du télétravail réduira le nombre d’agents chaque jour présent au poste de travail. La Direction engage LYBY+ en mai en spéculant sur un hypothétique développement du télétravail pour lequel elle a renvoyé les discussions en fin d’année. En dégradant les conditions de travail, la Direction pousse les agents à se réfugier dans le télétravail quelles qu’en soient les conditions. Le télétravail doit être un droit et un choix, non une échappatoire.
Le projet LYBY+ participe d’un vaste programme de transformation des espaces tertiaires dont l’objectif premier, presqu’unique, est la recherche de substantielles économies au prix d’une dégradation des conditions de travail -et de productivitédes agents. Ici, le poste de travail prime sur son occupant.
Il n’est jamais trop tard pour stopper la machine et reprendre le projet sur de meilleures bases en tirant préalablement le bilan de l’opération Val-Bienvenüe et de la période épidémique que nous traversons encore.

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