Nouveaux métiers à SEM : l’encadrement négligé

Pour télécharger le tract : Tract négo SEM 022021

Dans la cadre des discussions portant sur un nouveau métier des agents en Station et en Gares, la CGT a été reçue pour une quatrième audience le 8 février 2021.
Si le Département SEM veut faire de ses encadrant.e.s des managers « 3.0 », l’encadrement est le parent pauvre de ce futur protocole métier.
Ainsi, le texte proposé, à ce stade des discussions, ressemble plus à un accord cadre qui trace les grandes lignes des activités des agent.e.s de maîtrise, qu’à un véritable protocole métier.
Le rôle des managers de proximité est ainsi décliné en concepts !
Pas une seule ligne n’évoque l’organisation du travail, ce qui est paradoxal pour un protocole qui se veut définir les nouveaux métiers dans les espaces de SEM. Il est vrai que le papier ne refuse pas l’encre et le marqueur de ce texte est l’insipidité qu’il dégage.
Pour l’UGICT/CGT-RATP, ce protocole aurait dû être l’occasion de parler enfin des conditions d’utilisation des agente.s d’encadrement de SEM.
Il serait effectivement temps de remettre à niveau la G091-019, texte de référence des conditions d’utilisation des agent.e.s de maîtrise qui a été rédigée en 1991 et qui s’applique encore aujourd’hui même si certaines directions d’unités ignorent volontairement son existence.
Pour la Direction de SEM, c’est un NON ferme et définitif : « On ne parlera pas des conditions d’utilisation des agents d’encadrement. » Elle ouvre des négociations sur ce sujet pour les opérateurs.rices mais refuse obstinément de discuter de ces points pour les encadrant.e.s.
Cette posture peut donc nous faire craindre le pire…
Devant l’obsolescence de la G091-019 et la volonté de la Direction d’utiliser comme bon lui semble les agent.e.s de maîtrise de son Département, il est bien pratique qu’aucun texte de référence, sur lequel les agent.e.s puissent s’appuyer, définisse clairement ce qu’il est possible de faire et ce qui ne l’est pas !
Cela promet des lendemains compliqués pour les encadrants, une articulation vie personnelle/vie professionnelle qui sera mise à mal et une forte dégradation des conditions de travail.
Si les choses restent en état, les signataires de ce protocole en porteront toute la responsabilité et devront l’assumer devant les agent.e.s impactés.
Le cynisme est poussé à son paroxysme quand pour mettre un qualificatif à la dégradation de l’équilibre entre les conditions de vie et les conditions de travail, la Direction parle d’agilité des agents ! (sic). Ainsi quand un.e agent.e travaille un jour de repos, qu’il-elle a un repos écourté, qu’il-elle est changé.e de service à répétition il-elle faitpreuve d’agilité. Bah voyons.
Ces éléments de langage ne changent rien sur le fond, ce sont bien les agent.e.s.es qui subissent ces dégradations qui sur le long terme abîment leur qualité de vie au travail et in fine leur santé qui est impactée.
Ces dégradations des conditions de travail sont aussi à mettre en relation avec les effectifs qui ne sont jamais au bon niveau. Si tous les postes étaient couverts et le taux de réserve adapté aux réels besoins, il ne serait pas nécessaire de faire appel aux agent.e.s en dehors de leur service prescrit.
C’est aussi un danger de ce futur protocole, à savoir qu’à aucun moment il ne fait état des effectifs qui seront alloués à cette nouvelle organisation. C’est un chèque en blanc qui sera donné à la Direction par les organisations syndicales signataires.
Sachant que sous couvert d’ouverture prochaine à la concurrence, la volonté de la Direction est de faire toujours plus avec toujours moins, les perspectives n’iront pas vers un renforcement des effectifs sachant que rien ne sera acté dans le protocole. Ce sera carte blanche pour la Direction…
Enfin, l’UGICT/CGT-RATP, organisation syndicale spécifique de l’encadrement pour la CGT, déplore la qualité du dialogue social qui est engagé par la Direction de SEM sur ce sujet et du faible intérêt qui est porté sur la partie encadrement de ce futur protocole par les représentant.e.s de la Direction.
La Direction semble oublier, encore une fois, que la meilleure application de ce futur protocole métier dépend essentiellement de son acceptation et de sa mise en oeuvre par les managers de proximité.
A quoi bon tenir des « Urban rencontres » et autres séminaires, si lors des audiences et négociations aucune écoute et aucune considération n’est donnée aux représentant.e.s du personnel de l’encadrement ?
Pour discuter et négocier il faut être au moins deux et commencer par se respecter…ce n’est pas le cas aujourd’hui au Département SEM et l’UGICT/CGT-RATP en tirera toutes les conséquences.
Oui, les encadrant.e.s de SEM qui portent à longueur d’année la politique d’entreprise, dont les conditions de travail sont parmi les plus compliquées de l’entreprise, doivent être écouté.e.s et respecté.e.s!
Nous invitons donc la Direction de SEM à reconsidérer son positionnement, à revenir à la raison et à discuter des conditions d’utilisations et des effectifs des agents de maîtrise de son Département.

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