LYBY+ RELOADED : PLUS de rentabilité & encore MOINS de considération le scandale continue !

Pour télécharger le tract : Tract LYBY+ 2021-03

« Faisons de l’argent, l’intendance suivra ! »
slogan du monde d’avant… et d’après.

Modernité ou archaïsme ?
Faire du neuf avec du vieux, cela devrait rester une affaire de marketing, de tendance et de « vintage ». Restaurer l’open-space, prétendument réinventé en espaces dits « dynamiques » (open-space + flex-office), c’est une autre affaire qui engage les conditions de travail des salariés, leur sécurité sanitaire et, au bout du compte (ou du conte), l’exercice du travail et la production.
Inventé au début du XXe siècle, l’open-space connaît un essor considérable au cours des années 1960 à 80. Il est ensuite partout abandonné du fait des nuisances apportées par cette organisation de l’espace. Prétendre que les nouvelles technologies, et leur supposée « agilité », permettraient d’effacer les nuisances de l’open-space n’est pas même une gageüre, c’est une farce ! La vérité est ailleurs : faire tomber toutes les cloisons et densifier monstrueusement l’espace (<4m²/pers.) permet de faire de substantielles économies… Les agents, opposés à plus de 85% à ces aménagements, l’ont bien compris !

Une logique de productivité jusqu’à l’aveuglement
Au lancement du projet, en 2018, la Direction avançait le faux-nez de motivations écologiques en prétendant vouloir « réduire l’empreinte tertiaire du groupe RATP ». Désormais, avec le nouveau LYBY+, elle avance décomplexée, n’hésitant plus à annoncer clairement la couleur en CSE-Central : « Un projet Lyby + encore plus rentable avec sa nouvelle cible » et ce, en dépit de la COVID. Un bas les masques comme une provocation !
Ce projet, les agents n’en voulaient pas. A minima, la crise sanitaire aurait dû conduire à la suspension du projet et plus sûrement à son annulation tant les entreprises déjà engagées sur cette voie se demandent comment faire machine arrière.
Au contraire, la RATP a poursuivi quasi sans retard son opération et vient même d’en redéfinir la cible dans le sens d’une densification supplémentaire de l’espace1. À titre d’exemple, les 81 agents d’un département sont appelés à s’installer dans un espace occupé aujourd’hui par la seule équipe de direction soit 17 personnes ! Quelle considération pour les agents ? Aucune !
La nouvelle cible concentre les équipes de l’EPIC aux bâtiments A et B et prétend réserver le bâtiment C pour les fonctions groupe mais RATP Dev conserve son implantation au A&B. Cherchez l’erreur… Quoi qu’il en soit, la plus grande densification va permettre de libérer deux nouveaux plateaux du bâtiment C en vue de leur commercialisation future sous la forme d’espaces Co-Working.
Deux questions :
• Que va penser Ile-de-France Mobilités d’une RATP qui commercialise à des fins lucratives des surfaces normalement dévolues à la réalisation d’un service de transport public ?
• Ce projet sera-t-il vraiment « encore plus rentable » quand toutes les entreprises libèrent de l’espace (cf. télétravail) et que le cours de l’immobilier tertiaire plonge ?

Enfin, M2E est toujours prié de quitter Philidor (dont nous attendons toujours de savoir ce que deviendra cet immeuble, propriété de la RATP) mais ne rejoindra pas LYBY comme annoncé. Comme des pions que l’on déplace, ils iront opportunément remplir le bâtiment Esterel de Val-de-Fontenay pour lequel la Direction de VAL a précipitamment et imprudemment signé un bail de longue durée sans en avoir besoin.

Le télétravail dévoyé
La Direction prétend redéfinir la raison d’être de la RATP avec les agents mais reste sourde à leurs attentes en matière d’aménagement de leur poste de travail, de leur qualité de vie au travail. Comme si cela ne suffisait pas, au lieu de stopper l’opération, la crise sanitaire a été prétexte à pousser davantage le curseur avec un taux de foisonnement moyen (rapport entre places disponibles -formelles et informelles- et agents à l’effectif) de 70%.
Pour pallier les situations où le nombre de places viendrait à manquer, les porteurs du projet ont prévu (pour un temps) une zone de secours au bâtiment C où chacun pourra partir à la recherche d’une place qu’il n’aurait pas trouver dans l’espace dédié à son équipe.
Pour résoudre l’équation d’une pénurie -construite- de places, LYBY+ table nécessairement sur un recours massif au télétravail. Réciproquement, la dégradation des conditions d’accueil au poste de travail va pousser les agents au télétravail. Ce faisant, l’entreprise dévoie le télétravail, une modalité de travail qui devrait rester à l’initiative exclusive de l’agent. Au surplus, il y a un risque d’instrumentalisation du télétravail dans son organisation pratique avec une volonté de lissage des jours pour lisser la charge. Utiliser le télétravail comme condition de réussite de LYBY+ est d’autant plus condamnable que l’entreprise a refusé de mettre le moindre € de plus dans l’accord télétravail pour prendre en charge l’aménagement du poste de travail au domicile (siège ergonomique, écran, etc.).
L’UGICT/CGT-RATP demande la suspension du projet, la prise en compte des impératifs sanitaires nouveaux, le respect des attentes des agents en matière de qualité de vie au travail et de conditions d’exercice de leur métier et le respect d’un télétravail choisi et non subi.
Un autre projet est encore possible en conservant l’immeuble de Philidor et en renonçant à faire commerce des surfaces du siège.
Nous invitons les agents à s’exprimer directement sur un sujet qui engage considérablement leur travail au quotidien.
Nous restons à votre écoute pour répondre à vos questions, entendre vos réflexions et vos suggestions.
Écrivez-nous à orga.ugict.ratp@gmail.com, sujet : #LYBY+

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