L’amiante à MRF

La fin de l’année 2013 a été marquée par l’irruption à grande échelle des problèmes liés à la présence d’amiante dans notre entreprise et singulièrement sur les bâtiments et les réseaux ferrés de l’exploitation.
Après les trains de la ligne B, les bâtiments de Bourdon et de Crillon se sont trouvés sur le devant de l’actualité entraînant la fermeture de la salle du PCC Crillon régulant les lignes 2, 6, 10 et 11 avec les conséquences qui on conduit à l’arrêt de l’exploitation durant plusieurs heures le 20 décembre dernier et la reprise en local (mode PSL) du trafic.
Des mesures sont toujours en cours et nos élus et mandatés restent mobilisés notamment dans le cadre des CHSCT concernés.
Si les problèmes restent entiers, notamment sur le matériel ferroviaire et leur besoin de rénovation, le conflit en cours à l’atelier de maintenance ligne 13 de Pleyel nécessite de faire le point.
L’UGICT/CGT-RATP, soucieuse de cette situation et d’un problème de santé publique des plus importants tient à revenir sur les faits, les mesures engagées, le rôle des différents intervenants et les suites à donner.

Les faits

Depuis sa mise en service, le matériel MF 77 a subi un certain nombre de rénovations chaotiques réalisées par des sociétés sous-traitantes.
En 1996, la direction s’engageait sur un plan d’éradication de l’amiante dite « non confinée ». Seule l’amiante « confinée » était encore présente.
Aujourd’hui, suite à des rénovations mal maîtrisées, le problème au centre des débats concerne le décollement de la peinture amiantée « insonastic » des dessous de caisse.
Pour la direction de la RATP, ce « goudron amianté » ne présenterait que « peu de risques immédiats ». Refusant d’appliquer un principe de précaution comme pour tout composé amianté, on passe d’une logique d’éradication à une approche correspondant plus à une logique de « maîtrise du risque » avec un programme de « retrait par priorité ».

Où en sommes-nous à MRF ?

Le problème est bien identifié pour les vieux matériels tels que les MF67, MF77, MP, MI79, MI84…
A partir de cette situation, comment prendre en compte une réalité qui concerne des matériels qui vont continuer à rouler sur nos lignes et être entretenus dans les ateliers de MRF, pendant encore plusieurs années ?
Cette question légitime mérite des engagements à travers une organisation des travaux sur la durée en garantissant une protection totale des salariés en prise avec ce poison de l’amiante.
C’est le sens des différentes interventions de la CGT-RATP qui estime que, depuis plusieurs années, la direction de MRF ne maîtrise pas cette problématique et demande l’éradication de ce produit mortel.
La politique de gestion du risque prise par la direction, continue d’exposer les agents et dégrade leurs conditions de vie et de travail.

Et à Pleyel ?

Face au problème posé par la présence d’amiante sur le matériel ligne 13, les agents de maintenance de l’atelier Pleyel, avec la CGT-RATP, s’opposent à la gestion de la problématique amiante mise en place par la direction concernant le traitement de cette peinture amiantée.
Le 21 novembre, suite à l’observation de présence d’écaillages de peinture amiantée à divers endroits les élus du CHSCT MRF dépose un droit d’alerte face à l’inquiétude légitime des agents en charge de la maintenance des trains à Pleyel et à Châtillon.
Le 25 novembre, une alarme sociale est déposée rappelant la situation et posant un certain nombre de revendications.
Le 20 décembre, l’inspecteur du travail s’adresse à la direction du département rappelant que les sanctions pécuniaires, dont font l’objet les agents présents à leur poste de travail mais qui refusent d’intervenir sur la partie des tâches incriminées et qui sont pointés en code 800, ne sauraient être appliquées en l’état. L’inspecteur du travail rappelle la nécessité de traiter d’abord le problème qui est la cause du conflit à savoir les risques d’exposition des travailleurs aux poussières d’amiante.
A cette même date, l’inspecteur du travail s’adresse également au président du CHSCT MRF rappelant les solutions déjà arrêtées et déposant en guise de conclusion de nouvelles préconisations.

La question de l’amiante et ses conséquences dramatiques sur la santé des agents qui y sont exposés ne peut être traitée comme une question revendicative banale.
L’amiante est la cause 3000 décès par an dans notre pays, il s’agit pas d’un phénomène qui ne touche que les autres, il frappe également dans notre entreprise.
Lorsque des salariés s’inquiètent d’une situation qui peut les toucher directement et portent un certain nombre de revendications à travers les formes d’action qu’ils ont choisi, la solution ne peut consister à « laisser pourrir » la situation au risque de provoquer des incidents que l’on ne peut que condamner mais qui ne règle pas les problèmes.

L’amiante à MRF

Seule la négociation peut permettre de sortir des situations de blocage.
Face aux problèmes posés, la CGT attend des engagements sur des points essentiels.
1. Des engagements et un réel calendrier concernant l’éradication définitive de l’amiante dans l’attente de nouveaux matériels.
2. Les conditions d’exercice des travaux en toute sécurité et leur contrôle.
3. La prise en compte de la pénibilité du travail avec la contrainte de port d’équipement supplémentaire obligatoire.
4. La reconnaissance des préjudices subis par le personnel ayant été exposé tout au long de leur carrière notamment par un départ anticipé à la retraite.

L’amiante à la RATP

Sur la question de l’amiante, depuis de nombreuses années maintenant, son traitement, l’identification des lieux où elle est présente, son éradication … font l’objet d’un travail important de toute la CGT-RATP.
Ce travail s’est notamment traduit dans le cadre de la négociation du protocole amiante qui, faute de volonté de la part de la Direction d’identifier les sites et les matériels avec présence d’amiante, n’a pas permis à la CGT-RATP d’en être signataire.
D’ailleurs, la récente commission de suivi du protocole amiante qui s’est déroulée le 17 décembre 2013, a été une nouvelle occasion de revenir sur cette exigence revendicative et aussi de réaffirmer notre volonté à voir se mettre en place des dispositifs d’éradication totale de ce cancérigène notoire.
Dans notre entreprise, plusieurs situations peuvent interroger quand on sait, par exemple, que le bâtiment de Bourdon a fait l’objet d’une opération lourde de rénovation et de désamiantage.
De fait, des questions peuvent se poser sur la qualité du désamiantage dans le cadre d’opérations faites par des entreprises extérieures mais dont la RATP, en tant que donneur d’ordre, ne peut s’exonérer de responsabilités et pour le moins se doit de demander des comptes.
Cette situation, nous interpelle d’autant plus que des situations relativement similaires sont maintenant identifiées sur le RER ou sur la ligne 13 avec des trains restant pollués après un retour de désamiantage.
Dans le cadre des débats autour de la politique industrielle et face à l’ampleur de la tâche relative au désamiantage dans notre pays, la question de développer une activité spécifique notamment pour le matériel roulant est une question d’actualité.
La question de l’amiante, son éradication, le suivi des salariés touchés et ayant été exposés est une question d’actualité sur laquelle la CGT restera vigilante et intransigeante.
Les militants de la CGT, leurs représentants dans les instances représentatives du personnel comme les CHSCT agiront pour que tout soit fait dans ce sens.

L’encadrement dans ce contexte

Face à l’ampleur et la gravité des problèmes posés et dans le cadre d’un conflit rendu difficile par l’intransigeance d’une direction qui s’entête à pénaliser financièrement les agents, il convient de faire preuve de responsabilité.
L’attitude de la CFE-CGC sur Pleyel ne s’inscrit pas dans cette logique.
Si chacun et c’est le cas de la CGT peut condamner toute action de violence conduisant notamment à une altercation entre deux salariés, fustiger tel ou tel responsable ou organisation syndicale sans prendre en compte la réalité ne peut conduire qu’à détériorer un peu plus le climat social.
Le rôle de l’encadrement et particulièrement de l’encadrement de proximité est rendu de plus en plus difficile dans notre entreprise.
Ainsi, l’encadrement se doit de porter les orientations stratégiques et contribuer à la compétitivité de l’entreprise, garantir le résultat par une production de haut niveau, gérer les situations exceptionnelles ou de crise, favoriser et mettre en œuvre les actions de changement… Autant d’objectifs à réaliser avec des moyens revus à la baisse.
Les personnels d’encadrement doivent avoir les moyens de l’exercice effectif de leur responsabilité professionnelle et sociale. Pour y parvenir, l’UGICT/CGT revendique des droits nouveaux qui instaurent un droit d’intervention et d’initiative pouvant aller jusqu’au droit de refus de toute directive ou consigne contraire à l’éthique professionnelle ou susceptible de mise en danger des agents. C’est le cas dans le cadre de conflit sociaux où les encadrants ne doivent pas être utilisés pour remplacer des opérateurs.
C’est pour nous une question de citoyenneté, de plus, en matière de management ces situations posent plus de problèmes qu’elles sont censées en résoudre avec un encadrement de proximité qui se retrouve en situation conflictuelle de façon durable. Cette situation est contre productive et contraire au travail en équipe. Elle est source de divisions profondes et graves entre catégories professionnelles et germe de nouveaux conflits.
Aujourd’hui, la réalité à la RATP ce sont des effectifs qui sont inférieurs au niveau des effectifs de 2003 pour une offre de transport en augmentation de 20% sur la même période.
Cette situation rend plus difficile encore les rapports hiérarchiques pour un encadrement qui subi les mêmes effets des orientations en cours et qui se doit de la mettre en œuvre au quotidien.
Pourtant, dans le même temps, les récentes négociations sur la rémunération et le déroulement de carrière de l’encadrement se sont terminées par un accord régressif pour l’encadrement avec une enveloppe revue à la baisse (moins 4,6% pour les cadres et moins 20% pour les agents de maîtrise et les techniciens supérieurs) qui se traduira par un avancement moins fréquent et moins ambitieux avec un système au pourcentage plus individualisé.
Après avoir refusé d’agir en commun dans l’intérêt des agents de l’encadrement, la CFE-CGC, qui a fait le choix de signer cet accord avec deux autres organisations syndicales, vient de nouveau au secours de la direction.

Pour l’UGICT/CGT-RATP l’heure n’est pas à la division mais au rassemblement des salariés dans le respect de leurs spécificités mais surtout dans l’intérêt de toutes et de tous.
Débattons en dans les attachements.

Pour télécharger/imprimer le tract : L’amiante à MRF

Le service public ne se joue pas à la bourse

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central du plan d’entreprise “VISION 2020”qui est de passer de 15 à 30% la part des
filiales dans le chiffre d’affaires du groupe RATP ;
Au moment où la RATP comptabilise en 2012 : 393 millions de résultats avec 42
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Au moment où les effectifs à la RATP rejoignent le niveau de ceux de 2004, et
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Au moment où « VISION 2020 »nous impose la poursuite d’une politique de
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avec 1% de productivité exigée… Lire la suite