Nouvelle RDCE : un accord réellement régressif

Les périodes électorales sont souvent sujettes à tous les excès en matière de démagogie, à des attaques en tout genre, à des interprétations voire des mensonges. Alors ne laissons pas détourner la réalité, jugeons les faits.

Un récent tract de l’UNSA tente de répondre à notre analyse sur le résultat de la dernière négociation relative à la Rémunération et le Déroulement de Carrière de l’Encadrement.

Passons sur l’argumentaire qui consiste à écrire que tout ce qui a évolué est à mettre au crédit de l’UNSA (avec quelquefois leurs amis signataires), ou que tout ce qui ne va pas est de la faute des autres, surtout de la CGT (la direction n’est d’ailleurs jamais en cause), revenons à l’essentiel.

Comment apprécier le titre de la publication :
Déroulement de carrière de l’encadrement
le maintien d’un haut niveau
de progression des salaires

Après un copier/coller d’une présentation « mode direction » de l’évolution de la progression moyenne des salaires et la mise en avant des quelques mesures transitoires, l’UNSA se livre à une présentation laborieuse visant à faire croire que notre communication serait trompeuse ou carrément fausse.

Ne nous laissons pas abuser par leur campagne anti-CGT qui fait feu de tout bois et falsifie la réalité et l’historique des négociations.

En fait, si l’UNSA s’exprime aujourd’hui de cette manière sur ce sujet, c’est parce que ce syndicat doit faire comprendre au plus grand nombre le sens de sa signature sur un accord revu à la baisse. Ce sont bien la portée de nos arguments et leurs justesses qui les conduisent à s’exprimer de la sorte.
Répéter des contre-vérités ne suffit pas pour qu’elles deviennent vérités.

Il n’y a rien de faux dans ce qu’annonce la CGT.

Et il ne peut en être autrement avec une enveloppe revue à la baisse.

Nous l’avons déjà publié et personne ne le nie, même du côté de la direction, les enveloppes sont bien diminuées de 20% pour les agents de maîtrise et les techniciens supérieurs et de 4,6% pour les cadres.

S’il subsiste un doute, voici de nouveau le calcul qui conduit à ce constat :

  • pour les AM/TS : 297 M€ (masse salariale de référence donnée par la direction) x 2,1% = 6 237 000 €.

A comparer avec l’ancienne plate-forme qui, chiffre officiel pour 2012, a distribué

7 787 638 €, c’est 1 550 638 € en moins, soit 20% DE BAISSE !

Traduit en points, cela correspond à environ 10,5 points par agent, au lieu des 13 points générés auparavant.

  • pour les cadres : 179 M€ (masse salariale de référence) x 2,2% = 3 938 000 €.

A comparer avec l’ancienne plate-forme qui, en 2012, a distribué 4 127 093 €, c’est 189 093 € en moins soit 4,60% DE BAISSE !

Cela correspond à environ 14 points, au lieu de 15 par agent.

Voici encore des faits, le reste n’est que littérature.

Et à lire tout ce qui s’écrit, il n’y a guère que l’UNSA qui prétend avoir signé un accord positif.

Sur les avancements

Nous le réaffirmons, nos tableaux comparatifs entre les avancements d’hier et de demain ne sont pas contestables : les avancements seront moindres.

Et encore, nous avons comparé l’avancement « pur ». Rappelons-nous que les 20, 25 ou 30 points d’avancement pouvaient se cumuler avec les points de changement de NMC (10 ou 20 points) qui n’existeront plus. Sans parler des 10 points liés aux mobilités.

Ce sont des faits, ils sont incontournables, incontestables.

La périodicité

Rappelons-nous encore qu’un plan de progrès était fixé à 3 ans pour les agents qui n’avaient pas d’avancement. Cette situation a conduit dans la pratique les directions à organiser la fréquence de l’avancement autour de cette référence.

Demain le plan de progrès sera remplacé par un « point d’étape compétence et carrière » mais à 5 ans.

Les délais entre deux avancements vont s’allonger et de plus grandes différences seront établies entre les agents. La direction compte bien renforcer les déroulements de carrière comme « outil de management »

Globalement et pour tous : les avancements seront bien moins fréquents.

C’est un autre fait.

Le reste de leurs écrits n’est que mensonges et falsifications.

Depuis le début de la négociation, ce ne sont pas moins de 9 tracts que nous avons diffusés (ils sont toujours sur notre site UGICT/CGT-RATP). Ils font état de l’évolution du projet et de ce que l’UGICT/CGT-RATP a porté.

Nous avons notamment proposé à l’ensemble des OS d’organiser une pétition commune au regard des premières propositions de la direction (au début : baisse de l’enveloppe de 46,6% pour les AM/TS et de 30,6% pour les cadres, baisse des niveaux d’embauche de 30 points pour les AM/TS et de 26 points pour les cadres, possibilité de ne pas utiliser l’ensemble de ces enveloppes…).

Voici le contenu de la pétition que nous avons finalement fait signer seuls :

  • le maintien a minima de  l’enveloppe de la plate-forme actuelle ;
  • l’obligation d’utiliser la totalité de l’enveloppe ;
  • le refus d’abaissement des salaires des débuts de grille ;
  • le maintien de repères collectifs à travers une réelle grille de salaires.

 Cette pétition a été refusée par l’UNSA et la CFE-CGC, les autres syndicats n’ont même pas répondu.

C’est encore un fait.

Pourtant c’est près de 3000 signatures d’agents que nous avons portées en délégation.

L’appel à la grève, décidée collectivement par notre commission exécutive, avait d’ailleurs vocation à permettre aux agents de participer à cette action et non pas de « bloquer l’entreprise ».

Il y avait environ 250 agents à la délégation du mois de décembre.

Nous ne pouvons que regretter d’avoir été seuls dans cette bataille syndicale, mais être fiers de l’avoir menée.

Si nous avions porté cette pétition tous ensemble, nous aurions sans doute contraint la direction à d’autres reculs, notamment sur le niveau de l’enveloppe. On est toujours plus fort pour discuter lorsqu’on construit un rapport de force. Au final, cette démarche n‘obligeait en rien les OS de choisir de signer ou non l’accord.

Encore un mensonge : l’appréciation concernant la mesure d’intégration au coefficient de base du différentiel de prime de responsabilité.

L’UNSA prétend que nous serions opposés à ce principe. Il est bien évident que non et nous l’avons écrit. Nous sommes même, par principe, partisans d’intégrer un certain nombre d’éléments de rémunération au salaire, afin qu’ils soient soumis à cotisation pour les retraites.

Par contre, ce que nous avons dénoncé c’est que cette compensation (annoncée comme telle par la direction) soit une mesure discriminatoire à l’égard des nouveaux encadrants qui auront une prime mensuelle nettement inférieure et ne bénéficieront d’aucune mesure de compensation.

Ainsi, après l’allongement de la durée de cotisation et la perte des bonifications liées aux tableaux de retraite, c’est une nouvelle mesure discriminatoire entre des agents effectuant un même travail. Voici ce que nous avons dénoncé.

La direction de l’entreprise mise sur le renouvellement générationnel important de l’encadrement dans les prochaines années pour réaliser un gain financier non négligeable.

Comme pour les niveaux d’embauche qui ont fini par être maintenus, les représentants de l’UNSA auront été bien discrets sur ces questions.

La CGC, leurs alliés dans la négociation, avait annoncé la couleur en déclarant que ces mesures n’impacteraient pas les agents en poste. Il est vrai que les incidences électorales sont moins directes concernant les futurs agents d’encadrement. C’est plutôt dans cette direction qu’il faut chercher l’explication de leur positionnement.

Ces quelques rappels nous semblaient nécessaires sur l’action et le positionnement de l’UGICT/CGT-RATP.

Notre organisation syndicale, après avoir demandé que les agents soient consultés (proposition refusée là encore par toutes les OS et la direction), a donc décidé de ne pas signer cet accord régressif qui diminue l’enveloppe, individualise encore plus les carrières et les rémunérations, supprime les derniers repères collectifs et pénalise les plus jeunes et les futurs encadrants.

Pour autant, on peut considérer que nous avons mis en œuvre une orientation syndicale qui certes conteste et revendique quand il le faut, mais prend toute sa place dans les négociations.

C’est cette réalité qui fonde l’action de l’UGICT/CGT-RATP et elle est notamment rappelée dans notre dépliant en direction de l’encadrement sur un certain nombre de sujets d’actualité toujours accompagnés de propositions alternatives.

La meilleure réponse à toutes ces attaques est de renforcer notre organisation syndicale et sa place de première organisation dans l’encadrement lors des prochaines élections professionnelles.

Pour imprimer/télécharger cet argumentaire : Argumentaire concernant la nouvelle RDCE

Avancement des agents de maîtrise et des techniciens supérieurs : Moins et moins souvent !

Après s’être exprimée sur le fond du dossier et expliquée sa position sur protocole « Accord relatif à la Rémunération et au Déroulement de Carrière de l’Encadrement », l’UGICT-CGT/RATP souhaite porter à votre connaissance les conséquences chiffrées de la mise … Lire la suite

Un déroulement de carrière revu à la baisse !

Après s’être exprimée sur le fond du dossier et avoir expliqué sa position sur le protocole « Accord relatif à la Rémunération et au Déroulement de Carrière de l’Encadrement », l’UGICT/CGT-RATP souhaite porter à votre connaissance les conséquences chiffrées de la mise en place de ce nouveau dispositif.

Ainsi, nous avons comparé des avancements pour les catégories Débutant, Confirmé 1, Confirmé 2 et Expérimenté entre l’ancienne plateforme de l’encadrement (PFE) et le nouvel accord (RDCE) signé le 5 février 2014 par la CFE-CGC, l’UNSA et FO.

NOUS AVONS PRİS POUR RÉFÉRENCE :

– un avancement mini AM/TS et Cadre (hier 20 points, aujourd’hui 3%),

– un avancement moyen AM/TS (hier 25 points, aujourd’hui 4,5%), Cadre (hier 25 points, aujourd’hui 5%),

– un avancement maxi AM/TS (hier 30 points, aujourd’hui 6%), Cadre (hier 30 points, aujourd’hui 7%).

Il est à noter que si l’avancement d’échelon reste inchangé dans le nouvel accord (automaticité tous les deux ans), leur numérotation est modifiée et évolue maintenant de 4 à 16 plus les deux échelons 26 et 28 liés aux mesures ….     Pour lire la suite, télécharger/imprimer le tract : Avancement 2015 Maitrises Cadres1

 

RDCE un accord régressif

Au moment où chacune et chacun d’entre vous reçoit un courrier de la direction afin d’accompagner la mise en place du nouveau protocole sur la Rémunération et le Déroulement de Carrière de l’Encadrement, l’UGICT/CGT-RATP tient à revenir sur quelques points de la négociation, sur certaines des dispositions essentielles du nouvel accord et sur son propre positionnement.

Tout d’abord, il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient responsables et qui négocieraient (sous-entendu les signataires d’accords) et ceux qui se cantonneraient à une posture d’opposition (sous-entendu dogmatique). Lorsque la CGT entre en négociation, c’est avec l’espoir de parvenir à un accord.

Il convient donc de mesurer le point de départ des projets, la marge de négociation, la possibilité de rassembler les différents représentants du personnel sur des objectifs communs favorables aux salariés et, le cas échéant, de construire un rapport de force pour mieux se faire entendre.

C’est bien ce que nous avons tenté de faire avec le souci d’informer les agents à chaque étape de la négociation (9 tracts disponibles sur notre site UGICT/CGT-RATP).

Au départ de la négociation, les ambitions de la direction étaient claires. Il s’agissait de :

  1. réduire l’enveloppe de manière drastique (-46% pour les AM/TS et -30% pour les cadres) afin d’adapter les déroulements de carrière à l’allongement des durées de carrière ;
  2. faire pression sur les rémunérations, y compris en diminuant les salaires de début de grille avec le but de réduire les moyens alloués à l’avancement de l’encadrement, jugés trop coûteux par la direction.
  3. mettre en place un nouveau système qui individualise plus fortement les carrières et les rémunérations.

Face à cette situation, l’UGICT/CGT-RATP a proposé à l‘ensemble des organisations syndicales d’agir avec une pétition susceptible de rassembler largement. La CFE-CGC et l’UNSA ont refusé de s’y associer, les autres OS n’ont pas répondu. C’est donc seuls que nous avons proposé cette pétition qui a recueilli plus de 3000 signatures, portées par des délégations d’agents d’encadrement en ouverture des séances de négociations.

C’est en nous appuyant sur « ce rapport de force », que nous sommes notamment intervenus sur :

  1. le niveau de début de grille qui correspond au paiement des qualifications ;
  2. l’enveloppe consacrée aux déroulements de carrière ;
  3. le maintien de réels repères collectifs dans une réelle grille de salaires ;
  4. les principes qui président aux déroulements de carrière.

Les points essentiels de l’accord :

Les niveaux d’embauche ne seront pas abaissés ;

le volume des enveloppes sera finalement réduit de -20% pour les AM/TS et de -4,6% pour les cadres ;

un système par pourcentage renforçant l’individualisation des carrières et des rémunérations est mis en place ;

les jeunes agents sont particulièrement pénalisés et même discriminés pour les futurs accédants à l’encadrement notamment au regard de la prime mensuelle de responsabilité;

les critères de choix et l’évaluation n’ont pas évolué ;

la reconnaissance des montées en compétence est passée à la trappe…

Passé la transposition et les quelques mesures transitoires, c’est bien un accord régressif qui s’appliquera avec un avancement moindre et moins fréquent (le point de référence passant de trois à cinq ans), alors que c’est au quotidien qu’il est demandé à l’encadrement un engagement toujours plus fort dans l’entreprise pour : porter les orientations stratégiques, mettre en œuvre le changement et garantir les résultats.

La nouvelle grille entérine la fin des derniers repères collectifs. Chacun se trouve positionné sur un coefficient de référence sur lequel est appliquée l’augmentation individuelle. C’est à partir de ce coefficient que s’ajoutent les majorations collectives (échelles spéciales…) et la mesure concernant la prime de responsabilité (sauf pour les nouveaux accédants à l’encadrement).

A l’issue des négociations, l’UGICT/CGT-RATP a proposé que sur un sujet aussi structurant le personnel soit consulté. Cette proposition a été conjointement refusée par la direction et les autres OS.

Dans ce contexte mesurant ce que nous avons largement contribué à faire évoluer mais considérant les reculs que représente ce nouvel accord, notre organisation syndicale a décidé de ne pas signer ce protocole. Mais vous pouvez compter sur nos militants et sur nos représentants élus dans les 2e et 3e collèges pour continuer d’agir au quotidien pour plus de justice et d’équité, pour que cet accord évolue et que son application soit la moins pénalisante possible pour les agents.

A l’utilisation des déroulements de carrière comme outils de management (pour faire accepter l’augmentation des charges de travail, la déréglementation comme à l’exploitation…), l’UGICT/CGT-RATP oppose une autre conception qui passe par la reconnaissance du travail réel, de son utilité, des qualifications et porte des propositions qui vont dans ce sens.

Pour l’UGICT/CGT-RATP, la reconnaissance individuelle ne peut se faire qu’à partir de garanties collectives réaffirmées pour l’ensemble des agents.

Pour être plus forts et se retrouver collectivement, pour réfléchir ensemble aux problématiques de l’encadrement, rejoignez l’UGICT/CGT-RATP, organisation spécifique de la CGT pour l’encadrement.

Pour télécharger/imprimer le tract : RDCE accord régressif