Un pacte d’irresponsabilité à la RATP !

 Les années se succèdent et se ressemblent, particulièrement concernant la politique salariale menée à la RATP.

Aujourd’hui se tenait la Négociation Annuelle Obligatoire concernant les salaires : malgré des résultats financiers records ! Malgré un développement sans précédent de la RATP et de son réseau de transports ! Malgré le professionnalisme et l’investissement des agents de la RATP qui ont permis, par leur travail à ce que l’entreprise, pour l’année 2013 réalise 4,2 Milliard de chiffre d’affaires… La direction de l’entreprise, soutenue en ce sens par le gouvernement, néglige les salaires des agents de la RATP.

Lors de « pseudo négociations » qui, en réalité se sont transformées en une simple réunion d’information par la direction, celle-ci annonce, sans jamais tenir compte des revendications et des arguments sérieux portés par les syndicats, une augmentation de 0,27% de la valeur du point d’indice (0,5% versé au 1er juillet 2014).

À l’heure où on nous parle de « Pacte de responsabilité » avec le patronat et les directions d’entreprises, force est de constater qu’à la RATP la direction reste volontairement sourde aux arguments des syndicats et se contente d’informer des mesures qu’elle mettra en oeuvre, loin de tout esprit constructif de négociation tel que le prévoit pourtant la loi !

Lorsque les entreprises sont en situation de fragilité, les salariés sont invités à faire des efforts, voir à consentir à des licenciements. Les syndicats qui s’y opposent sont qualifiés d’archaïques, voire d’irresponsables… Lorsque les entreprises, comme la RATP, ont des résultats positifs, là encore, les salariés sont négligés, cela est insupportable !

Et en ce qui concerne l’emploi, là encore la RATP n’est pas un « bon élève » : malgré les annonces médiatiques d’embauche de 3.000 personnes pour l’année 2014, la direction de l’entreprise omet de mentionner qu’elle à supprimée 698 postes et 2013, qui viennent s’ajouter aux 713 de l’année 2012… véritables plans sociaux maquillés !

La RATP est une entreprise à la politique sociale irresponsable, particulièrement dans cette période de crise :

Il y a besoin d’une mobilisation nationale sur l’emploi :

Elle supprime environ 700 postes par an !

Il faut une relance de l’économie par la consommation :

Elle gèle les salaires des agents !

La RATP un modèle social ?

Sûrement pas ! Alors qu’elle se présente comme une « championne du dialogue social », concernant les négociations salariales la direction refuse de les mettre en oeuvre et se contente d’une simple information.

Concernant les acquis sociaux tels les 35H, le 13ème mois, etc… loin d’être un « cadeau » fait aux salariés, se sont eux qui se les sont autofinancé !

À l’heure où le gouvernement consent à des exonérations de cotisations pour les employeurs, à l’heure où le niveau de chômage atteint des niveaux record, à l’heure où la relance de l’économie pose la question des salaires, l’Etat devrait imposer à la RATP une toute autre politique sociale, tant sur la question de l’emploi que des salaires.

La RATP est une entreprise publique nationale, elle est propriété de l’État, conforté cette politique à l’entreprise c’est renoncer à provoquer le changement nécessaire.

La CGT-RATP, dans l’unité syndicale la plus large possible, interpellera l’ensemble des agents de notre service public et se mettra en situation d’intervenir afin d’imposer d’autres choix !

Paris, le 5 mars 2014

Communiqué de Presse : 2014 03 05 COMMUNIQUE DE PRESSE CGT RATP suite NAO 2014

IMPA : Un cautère sur une jambe de bois !

Depuis le simulacre de négociation salariale du 26 février, de nombreuses actions et délégations ont été menées par la CGT pour porter d’autres choix face à cette modération salariale et contraindre la Direction à changer ses orientations en matière de salaire.

Depuis le 1er juillet, nous voyons tous sur notre feuille de paie le résultat de cette politique : une (faramineuse !) augmentation de 0,5 % de la valeur du point, soit en réalité 0,25 % pour l’année !                                               Cette décision suffit-elle à clore le débat ? Certainement pas pour la CGT !
Quelques Chiffres…
Inflation : + 1,5 % en 2010; + 2,5 % en 2011; + 1,9 % en 2012; Soit + 5,9 % en 3 ans !
Valeur du point : + 0,5 % en 2010; + 0,5 % en 2011; + 1,1 % en 2012; Soit seulement + 2,1 % en 3 ans !
Donc Inflation – Valeur du pt = 3,8 % de perte de pouvoir d’achat !

La « Rémunération Moyenne par Personnel en Place » (RMPP), c’est quoi ?
Le GVT = les évolutions liées à l’ancienneté, à la qualification, aux mesures carrières ;
Les mesures catégorielles;
Les mesures générales = la valeur du point ;
En 2012, la RMPP était de 3,5 %, la direction envisage pour 2013 2,8 % !

 Salaires, de toute évidence le compte n’y est pas !

A la lecture des chiffres ci-dessus, c’est une perte de pouvoir d’achat de 3,8 % en 3 ans que les salariés ont subi. La Direction aggrave la situation de 1,3 % supplémentaires pour 2013 (prévision d’inflation = 1,8 % – Augmentation de la valeur du point) !
Un bon salaire, c’est indispensable ! Surtout en Ile de France. Le coût de la vie pour de nombreuses dépenses y est plus cher que partout en France (+ 14 %).
Le salaire comme reconnaissance de la qualification, du savoir-faire, de l’expérience des agents… la Direction s’en moque et se cache derrière la RMPP.
Combien d’agents ont réellement vu leur salaire augmenter de 3,5 % ou même juste du niveau de l’inflation annoncée ?
Alors que de nombreux collègues ne peuvent partir en vacances ou vivent dans la précarité, il faudrait accepter tout cela sans rechigner ?

La modération salariale, c’est :
Notre appauvrissement;
Moins de consommation, la casse d’un des leviers de la croissance;
L’affaiblissement de nos futures pensions de retraite;
Des pertes de recettes pour le financement de notre protection sociale…

De toute évidence, le constat appelle à d’autres choix et à imposer un autre cadrage à la tutelle, car l’évolution de la valeur du point en dépend directement.

Pour 2013, la RMPP est fixée à 2,8% : elle comprend le GVT, les effets reports 2012 (+ 2,36%), ce qui laisse un solde de 0,44 % pour les mesures catégorielles et les augmentations de salaire…

C’est dans ce contexte que la CGT revendique en priorité :
Une augmentation de la valeur du point de 3 % au 1er janvier 2013 ;
Un retour de la pente d’échelon à 2 % (contre 1,66 % actuellement) ;
Pour les bas salaires, des mesures qui passent par l’attribution de points grille pour atteindre un salaire minimum de 1 700 € ;
L’indexation de l’évolution minimale du point sur celle de l’inflation.

 La Direction met en place un nouveau dispositif :

« Indemnité de Maintien du Pouvoir d’Achat » dit IMPA

Décryptage…

Le dispositif consiste au versement unique d’une indemnité aux agents qui auraient eu une perte de pouvoir d’achat sur une période donnée.
Elle n’est pas soumise aux cotisations sociales (financement des retraites par exemple…) et n’est pas pérenne.
La période considérée à l’ouverture de la négociation allait de 2009 à 2012 (L’inflation constatée est de + 5,8 %).
Le mode de calcul consiste à comparer l’évolution des rémunérations et l’inflation sur une période de 4 ans : L’écart détermine l’attribution ou non de l’indemnité.
Seulement 199 agents concernés, c’est 0,46 % de l’effectif de la RATP !

Une indemnité en moyenne de 227 € dont certains percevront seulement 2,42 € pour 4 années…

A un problème collectif, la Direction répond par des mesures individuelles !!!
De toute évidence, nous n’avons pas la même lecture qu’elle des aspirations salariales des agents, ils étaient bien plus que 199, ces derniers mois, à revendiquer une augmentation significative des salaires !

Au cours de la négociation…
La CGT a obtenu la prise en compte de la période 2008-2011, d’une inflation de + 6,6 %, pas de prise en compte de l’échelon 26 et le retrait de l’avis négatif en commission de classement.
A contrario, la Direction refusera de transformer en « points » l’indemnité. Elle refusera également la réalité de la spécificité du coût de la vie en Ile de France.

En conclusion :
Ce dispositif est un aveu des insuffisances de la politique salariale menée à la RATP où la Direction mélange les « mesures générales », les « mesures d’ancienneté », le « déroulement de carrière »…
L’IMPA est une « fausse bonne idée » qui ne couvre que partiellement et ponctuellement les pertes de pouvoir d’achat subies par les agents sur les périodes considérées.
L’IMPA ne répond pas à l’attente des agents d’une politique salariale à la hauteur de notre entreprise publique, à nos qualifications, notre savoir-faire et à notre engagement quotidien dans nos missions de service public.

La CGT ne signera pas cet accord et continuera à porter avec les agents des revendications pour une véritable politique salariale à la RATP !

Tract IMPA