PFE : LA DIRECTION SORT ENFIN SES CHIFFRES… … ILS NE SONT PAS BONS !

Après trois audiences et une multisyndicale de deux jours, tenues entre juillet et septembre, la direction vient enfin de quitter le terrain des déclarations de principe pour commencer à annoncer les chiffres de son projet de nouvelle plate-forme de l’encadrement.
L’UGICT/CGT-RATP, forte des 1 500 signatures recueillies sur sa pétition déposée le 11 juillet, a une nouvelle fois réitéré ses revendications :
• maintien des niveaux d’embauche tant en maîtrise qu’en cadre ;
• pas de diminution de l’enveloppe globale affectée aux déroulements de carrière de l’encadrement ;
• maintien de repères collectifs à travers une grille de salaires.

Que nous dit la direction aujourd’hui ?

1°) Elle maintient sa volonté de baisser les niveaux d’embauche.
Par rapport à la situation actuelle, le premier niveau serait abaissé de 30 points pour un agent de maîtrise (soit – 186 €), et de 26 points pour un cadre (soit – 161 €).

2°) Elle annonce une enveloppe globale annuelle revue à la baisse, calculée sur la base de 1,4% de la masse salariale des agents de maîtrise/techniciens supérieurs et 1,6% de
la masse salariale des cadres.
Ce qui donne :
• pour les agents de maîtrise : 297 M€ (masse salariale de référence) x 1,4% =4 158 000€.
A comparer avec la plate-forme actuelle qui a distribué en 2012 7 787 638 €*,              c’est : 3 629 638 € EN MOINS soit 46,6% DE BAISSE !
• pour les cadres : 179 M€ (masse salariale de référence) x 1,6% = 2 864 000 €.
A comparer avec la plate-forme actuelle qui a distribué en 2012 4 127 093 €*, c’est :
1 263 093 € EN MOINS soit 30,6% DE BAISSE !

De plus, à ce stade des discussions, la direction s’arc-boute sur la non-obligation pour les départements d’utiliser l’intégralité de cette enveloppe!

3°) Elle persiste dans son intention d’instaurer un avancement au pourcentage.
Ainsi, l’agent qui aurait un avancement dans l’année pourrait progresser entre un minimum
et un maximum fixés pour un agent de maîtrise de 3% à 6%, pour un cadre de 4% à 8%, avec des pas de 0,25%. Les avancements pourraient être ainsi de 3%, 3,25%, 3,50%…de son coefficient.

On se retrouverait alors avec des milliers de situations différentes : 3 263 positions possibles pour les maitrises (sans compter la situation des échelles spéciales) et 3 731 pour les cadres (plus que le nombre d’agents dans cette catégorie !). Dans ces conditions, contrairement aux dires de la direction qui prétend nous avoir entendus sur cette question, la grille est bien remise en cause avec une individualisation poussée jusqu’à l’extrême.
Entre pourcentages différents et temps de passage rallongés dans une perspective de 2 à 6 ans, le tout dans le cadre d’une durée de carrière elle-même rallongée, justice et équité risquent de rester une nouvelle fois un vœu pieux.
Au total ce projet demeure donc INACCEPTABLE en l’état.

On ne peut pas en effet accepter un système où les sommes consacrées au déroulement de carrière baissent de 366 € en moyenne par cadre, et de 484 € en moyenne par agent de maîtrise et technicien supérieur.
Et encore s’agit-il là de moyennes. Car ce même système étant conçu pour individualiser toujours plus, on aurait demain encore plus de disparités et d’inégalités de traitement qu’aujourd’hui.
Ce projet s’inscrit bien dans la volonté de réduire la masse salariale dans toute la RATP.
Comme l’ensemble des collègues, l’encadrement « coûte » trop cher.
Le projet de nouvelle plate-forme ne fait que décliner le dogme d’abaissement du « coût du travail » qui nous est seriné sur tous les tons.
Rappelons pourtant que la RATP bat des records en matière de résultats financiers : 286 millions d’€ de résultat net en 2012 et encore mieux (190 millions) rien qu’au 1er semestre 2013.
Des chiffres à mettre en rapport avec les 5 millions d’€ d’économies que la direction entend faire avec son projet…
Calendrier :
Une nouvelle série d’audiences débutera dans la première quinzaine de novembre pour une autre multisyndicale fin novembre/début décembre.

L’UGICT/CGT-RATP qui prend toute sa part dans les négociations appelle les personnels d’encadrement à ne pas laisser passer ce projet régressif.
Comment accepter en effet un tel projet dans le même temps où, la direction demande à l’encadrement de :
« porter les orientations stratégiques… », « garantir les résultats par une production de haut niveau », « favoriser et mettre en oeuvre les actions de changement »… le tout avec des moyens revus à la baisse ?
C’est pourquoi nous vous proposons :
• de signer la pétition lancée à la fin juin et qui reste d’une totale actualité ;
• de débattre d’une journée d’action des cadres, agents de maîtrise et techniciens supérieurs pour une autre PFE à l’occasion de la multisyndicale qui se tiendra en fin d’année.

Tract : PFE 102013

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