En marche … vers où ?

 

« Transformation day » : Tout un programme !
De quelle transformation parle-t-on ? S’il s’agit de rendre la RATP plus performante pour améliorer le Service public, qui ne serait pas d’accord ?
Mais la trajectoire actuelle impulsée dans l’entreprise est d’une toute autre nature.
D epuis 10 ans, les plans d’entreprise successifs (« Ambition 2012 », « Vision 2020 », et maintenant « Défis 2025 ») ont tous été cons-truits à partir d’un objectif central : Faire passer la part des filiales à 30 % du chiffre d’affaires du Groupe RATP, et on parle maintenant de 36 % !
Pour atteindre cette cible, les filiales, en premier lieu RATP Dev (mais aussi à présent SYS-TRA), se sont vu assigner des objectifs de croissance exorbi-tants. Elles se sont lancées pour cela dans une boulimie d’acqui-sitions de sociétés et d’opéra-tions qui ont débouché sur quelques succès, mais aussi sur beaucoup de déceptions : les réseaux britanniques, le marché chinois, le sightseeing new-yorkais, sans parler du bourbier toscan dans lequel RATP Dev s’est fourvoyée.
Tout cela a un coût, et il est de plus en plus lourd : Déjà 370 M€ de dotations de capital de la maison-mère à RATP Dev aux-quels s’ajoutent 22 M€ prévus pour 2018, sans oublier un prêt de 150 M€. L’EPIC RATP subit ainsi chaque année un véritable pillage de ses ressources.
Le jeu en vaut-il la chandelle ? Tirons le bilan :
Pour dégager ces sommes, la RATP s’est lancée dans une course effrénée à la marge béné-ficiaire, à travers la productivité. L’emploi notamment est le pre-mier sacrifié, et c’est mainte-nant aux salaires et au modèle social qu’on s’attaque. Un pro-cessus qui, en affaiblissant notre potentiel RH, met les départe-ments en difficulté pour assumer leurs missions et leurs engage-ments contractuels.
L’affichage d’un Résultat Net et d’une Capacité d’Autofinan-cement bien au-delà des obli-gations fixées par la maquette financière du contrat STIF créent les conditions d’inces-santes révisions à la baisse des contributions de ce dernier. Pourquoi se gênerait-il puisque la RATP fait, année après an-née, la démonstration de sa ca-pacité à dépenser moins que prévu ?
Le retour sur investissement pour la RATP n’est pourtant pas au rendez-vous. Plus les fi-liales grossissent, moins elles sont rentables, et moins elles sont en capacité de s’auto-financer. RATP Dev a ainsi roya-lement reversé 8,5 M€ de divi-dendes depuis sa création, à comparer avec les sommes qu’elle a reçues. La seule chose qui augmente, c’est l’endette-ment (dette des filiales = + 28 % en 2 ans) !
Enfin, on nous avait dit : « L’apprentissage des appels d’offres hors Ile-de-France va servir à l’EPIC au moment de l’ouverture à la concurrence ». Mais il apparaît maintenant que c’est RATP Dev (et non l’EPIC) qui répondra demain aux appels d’offres sur le T9, le T10, les lignes du Grand Paris et celles du réseau Optile libéralisées en 2020. Y compris donc en Ile-de-France et sur le cœur de métier, la part de l’EPIC est ainsi appelée à se réduire comme peau de chagrin. C’est une privatisation qui ne dit pas son nom.

Ces constats donnent raison à la CGT-RATP qui ne cesse de réclamer des réorientations de la stratégie de l’entreprise.

Nous pensons en particulier :
1) Qu’il est urgent de réviser les objectifs de croissance irréalistes fixés aux filiales, et de les réinscrire dans une trajectoire qui permette leur auto-financement. C’est la condition pour arrêter leur mise sous perfusion par l’EPIC.
2) Que l’EPIC doit devenir le seul opérateur du Groupe en Ile-de-France.
3) Qu’il doit avoir les moyens de ses missions, ce qui suppose de revaloriser le travail : arrêter les suppressions d’emplois et retrouver le chemin d’une politique sociale de progrès, mobilisa-trice et attractive.
4) Que la RATP doit changer d’approche vis-à-vis de l’ouverture à la concurrence. L’actuelle course à la baisse du « coût du travail » en-gendre des dégâts sociaux considérables, mais est surtout vouée à l’échec car les concurrents de la RATP appliquent de leur côté les mêmes recettes. Agir pour que soit mis en place un « socle social harmonisé par le haut » imposable à tous les opérateurs est pour notre entreprise la seule voie crédible.

Pour télécharger le tract : TransformationDay 2017 BO

Les commentaires sont fermés.