RDCE un accord régressif

Au moment où chacune et chacun d’entre vous reçoit un courrier de la direction afin d’accompagner la mise en place du nouveau protocole sur la Rémunération et le Déroulement de Carrière de l’Encadrement, l’UGICT/CGT-RATP tient à revenir sur quelques points de la négociation, sur certaines des dispositions essentielles du nouvel accord et sur son propre positionnement.

Tout d’abord, il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient responsables et qui négocieraient (sous-entendu les signataires d’accords) et ceux qui se cantonneraient à une posture d’opposition (sous-entendu dogmatique). Lorsque la CGT entre en négociation, c’est avec l’espoir de parvenir à un accord.

Il convient donc de mesurer le point de départ des projets, la marge de négociation, la possibilité de rassembler les différents représentants du personnel sur des objectifs communs favorables aux salariés et, le cas échéant, de construire un rapport de force pour mieux se faire entendre.

C’est bien ce que nous avons tenté de faire avec le souci d’informer les agents à chaque étape de la négociation (9 tracts disponibles sur notre site UGICT/CGT-RATP).

Au départ de la négociation, les ambitions de la direction étaient claires. Il s’agissait de :

  1. réduire l’enveloppe de manière drastique (-46% pour les AM/TS et -30% pour les cadres) afin d’adapter les déroulements de carrière à l’allongement des durées de carrière ;
  2. faire pression sur les rémunérations, y compris en diminuant les salaires de début de grille avec le but de réduire les moyens alloués à l’avancement de l’encadrement, jugés trop coûteux par la direction.
  3. mettre en place un nouveau système qui individualise plus fortement les carrières et les rémunérations.

Face à cette situation, l’UGICT/CGT-RATP a proposé à l‘ensemble des organisations syndicales d’agir avec une pétition susceptible de rassembler largement. La CFE-CGC et l’UNSA ont refusé de s’y associer, les autres OS n’ont pas répondu. C’est donc seuls que nous avons proposé cette pétition qui a recueilli plus de 3000 signatures, portées par des délégations d’agents d’encadrement en ouverture des séances de négociations.

C’est en nous appuyant sur « ce rapport de force », que nous sommes notamment intervenus sur :

  1. le niveau de début de grille qui correspond au paiement des qualifications ;
  2. l’enveloppe consacrée aux déroulements de carrière ;
  3. le maintien de réels repères collectifs dans une réelle grille de salaires ;
  4. les principes qui président aux déroulements de carrière.

Les points essentiels de l’accord :

Les niveaux d’embauche ne seront pas abaissés ;

le volume des enveloppes sera finalement réduit de -20% pour les AM/TS et de -4,6% pour les cadres ;

un système par pourcentage renforçant l’individualisation des carrières et des rémunérations est mis en place ;

les jeunes agents sont particulièrement pénalisés et même discriminés pour les futurs accédants à l’encadrement notamment au regard de la prime mensuelle de responsabilité;

les critères de choix et l’évaluation n’ont pas évolué ;

la reconnaissance des montées en compétence est passée à la trappe…

Passé la transposition et les quelques mesures transitoires, c’est bien un accord régressif qui s’appliquera avec un avancement moindre et moins fréquent (le point de référence passant de trois à cinq ans), alors que c’est au quotidien qu’il est demandé à l’encadrement un engagement toujours plus fort dans l’entreprise pour : porter les orientations stratégiques, mettre en œuvre le changement et garantir les résultats.

La nouvelle grille entérine la fin des derniers repères collectifs. Chacun se trouve positionné sur un coefficient de référence sur lequel est appliquée l’augmentation individuelle. C’est à partir de ce coefficient que s’ajoutent les majorations collectives (échelles spéciales…) et la mesure concernant la prime de responsabilité (sauf pour les nouveaux accédants à l’encadrement).

A l’issue des négociations, l’UGICT/CGT-RATP a proposé que sur un sujet aussi structurant le personnel soit consulté. Cette proposition a été conjointement refusée par la direction et les autres OS.

Dans ce contexte mesurant ce que nous avons largement contribué à faire évoluer mais considérant les reculs que représente ce nouvel accord, notre organisation syndicale a décidé de ne pas signer ce protocole. Mais vous pouvez compter sur nos militants et sur nos représentants élus dans les 2e et 3e collèges pour continuer d’agir au quotidien pour plus de justice et d’équité, pour que cet accord évolue et que son application soit la moins pénalisante possible pour les agents.

A l’utilisation des déroulements de carrière comme outils de management (pour faire accepter l’augmentation des charges de travail, la déréglementation comme à l’exploitation…), l’UGICT/CGT-RATP oppose une autre conception qui passe par la reconnaissance du travail réel, de son utilité, des qualifications et porte des propositions qui vont dans ce sens.

Pour l’UGICT/CGT-RATP, la reconnaissance individuelle ne peut se faire qu’à partir de garanties collectives réaffirmées pour l’ensemble des agents.

Pour être plus forts et se retrouver collectivement, pour réfléchir ensemble aux problématiques de l’encadrement, rejoignez l’UGICT/CGT-RATP, organisation spécifique de la CGT pour l’encadrement.

Pour télécharger/imprimer le tract : RDCE accord régressif

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